mercredi 22 février 2012

Réservoir




Pour accompagner un poème de Paul Celan:

Was geschah? Der Stein trat aus dem Berge.
Wer erwachte? Du und ich.
Sprache, Sprache. Mit-stern. Neben-Erde.
Ärmer. Offen. Heimatlich.

Wohin gings? Gen Unverklungen.
Mit der Stein gings, mit uns zwein.
Herz und Herz. Zu schwer befunden.
Schwerer werden. Leichter sein.

(Dans: Die Niemandsrose, 1963)

(travail terminé le 22 janvier)

lundi 13 février 2012

Les lascives de Rodin


Rodin fut en son temps un sculpteur incontournable. Chaque ville voulait avoir son Rodin, question de prestige. Il put ainsi s'offrir un hôtel à côté des Invalides, aujourd'hui le Musée Rodin. On peut se poser la question ce qui a pris tous ces gens d'acheter des œuvres aussi peu académiques. Les sculptures, un siècle plus tard, gardent toutes leur force. Les dessins, que le Musée Rodin expose actuellement, sont encore plus étonnants. Des femmes, rien que des femmes. Et nues, presque toutes. Souvent la main entre les cuisses, bien occupées. Cela fit scandale, bien sûr, ces sexes poilus, ces femmes qui ont visiblement un grand plaisir à être ainsi occupées. Tout ce plaisir est saisi sur le vif, avec rage. Rien de caché, pas d'oreilles rouges, de sous-entendus. Des salles et des salles remplies d'un plaisir pur.


(La Saisie du Modèle, Rodin 300 dessins, 1890-1917, Musée Rodin jusqu'au 1 avril)


(

jeudi 9 février 2012

James Castle



James Castle (1899-1977) dessinait avec de la suie, de la salive. Il se servait de bâtons de bois, de carton roulé. Il travaillait sur des morceaux de carton d'emballage. Rien, absolument rien ne venait de l'industrie de l'art. Pas de pinceaux, de papier épais, d'encre. C'est peut être ce qu'il faut pour faire du neuf. Oublier tout. C'était plus facile sans doute pour James Castle qui était sourd de naissance et qui n'apprit jamais à lire ni à écrire. Il a vécu à la ferme, à Garden Valley, dans l'Idaho ("Idaho where the potatoes grow", disait on). On voit en même temps une volonté d'être le plus précis possible. La perspective est en place, les maisons sont à l'échelle. Rien d'enfantin ici. Tout est réfléchi. Il représentait un monde qu'il connaissait parfaitement. Et le spectateur, aujourd'hui reconnaît ça parfaitement. Attention: œuvre rare et admirable.




(A la galerie Karsten Greve à Paris, jusqu'au 17 mars)

mercredi 25 janvier 2012

Leurs trésors ont une âme


A l'exposition "Maori, leurs trésors ont une âme" au Musée Branly je pensais aux spectacles récents de Rodrigo Garcia et Roméo Castelluci que des groupes d'intégristes catholiques ont essayé de perturber. Qu'est ce que cela veut dire exactement "avoir une âme"? Une âme éternelle? Walter Benjamin parlait d'aura. Une œuvre d'art possède une aura qu'elle risque cependant de perdre avec le temps ou avec la multiplication de reproductions. Mais une âme? Ce vocabulaire religieux me gène comme d'ailleurs toute cette exposition bavarde m'a gêné. Qu'est ce que cela veut dire? Faut-il enlever son chapeau? Parler à voix basse? Les Maori ont beaucoup souffert depuis l'arrivée des colons sur leurs îles. Leur culture a été attaqué, méprisé, détruit. Proclamer cette obligation de respect compassé me paraît cependant davantage une marque de pitié qu'une volonté de voir les traditions maoris comme égales des nôtres.


En même temps la restitution des crânes maoris à leur peuple me parait salutaire. Je me souviens encore de la façon dont la France avait accueilli dans les années 60 la dépouille de Ramses II, avec salut militaire. Il s'agissait après tout d'un chef d'état. On ne traite pas les hommes comme on peut traiter les objets. Leurs restes appartiennent aux siens, à la terre. Mais enfin, toutes les squelettes qui pendent dans les placards des facs de médecine ne seront pas rendues à la terre de sitôt. Il aurait fallu les tatouer peut être.

dimanche 8 janvier 2012

Toujours naître


Naissance
(travail terminé le 24 janvier.)




Fœtus.
(travail terminé le 8 janvier.)


Fœtus renversé.
(travail terminé le 10 janvier.)

mercredi 4 janvier 2012

Silvio Berlusconi quitte le pouvoir


Je me disais qu'un poème de Charles Baudelaire allait bien avec ce travail. Au moment d'ouvrir les Fleurs du Mal je vis cette citation qui ouvre le livre. Elle est parfaite.

On dit qu'il faut couler les exécrables choses
Dans le puits de l'oubli et au sépulcre encloses,
Et que par les écrits le mal ressuscité
Infectera les mœurs de la postérité ;
Mais le vice n'a point pour mère la science,
Et la vertu n'est pas fille de l'ignorance.

(Théodore Agripa d'Aubigné, les Tragiques, livre 2)

Le texte à droite dit:

On
voit
tout
en
bas!


(Travail terminé ce jour)

mardi 3 janvier 2012

Albanie


Albanie est un des lieux les plus exotiques au monde. Longtemps une dictature totale a gardé les frontières hermétiquement fermées. On voyait les dirigeants chercher des appuis parmi d'autres dictateurs, la Russie, la Chine, avant de constater que personne n'était aussi radical qu'eux. L'Albanie possède encore aujourd'hui un réseau d'abris antiatomiques le plus performant au monde. Dans les années 80, lors d'une randonnée je me suis trouvé à quelques kilomètres de la frontière albanaise avant de'être arrêté par un soldat yougoslave. Je n'ai jamais mis les pieds en Albanie. Aujourd'hui le pays est plus ouvert. On a découvert en France la pègre albanaise.
J'écoutais dans les années 80 souvent Radio Tirana en ondes courtes pour ses émissions musicales. J'en ai retrouvées sur une vieille cassette. Le lien se trouve en bas de ce billet.
Pourquoi donc l'Albanie aujourd'hui? Le Centre Européen de la Photo à Paris organise ces temps-ci une très belle exposition de photos: L'age d'or de la photographie albanaise, la dynastie Marubi. Des portraits superbes faits en studio. Quelques exemples:



Une femme catholique, voilée de la tête aux pieds et une femme musulmane qui montre un visage altier. Des images qu'on aurait intérêt à montrer aux législateurs. Ce sont cependant les images de combattants qui m'ont les plus impressionnées. Des gens qui se battent jusqu'au bout:



Les enfants sur la première photo puis la femme qui se bat à côté de son homme. Voilà un peuple qu'on aura tort de sousestimer.

5 octobre 2011 - 8 janvier 2012 et les rhapsodes de la lumière 1858-1945

http://www.mediafire.com/?cy775h5fs8w2ojv