samedi 5 mai 2012

Yael et Sisera

Sois bénie plus que les femmes Ia'el, la femme de Hèber le Qéini; plus que les femmes dans la tente, sois bénie! Il demande de l'eau, elle lui donne du lait. Dans le bol des majestueux, elle lui présente le babeurre. Elle lance sa main sur le piquet, sa droite au martèlement des trimard, et elle martèle Sissera, elle lui fracture la tête; elle le mutile, elle lui troue la tempe. Entre ses jambes, il ploie, il tombe, se couche. Entre ses jambes, il ploie, il tombe et là où il ploie, là il tombe, razzié! (Juges 5,24_27, traduction d'André Chouraqui) (Travail terminé ce jour)

samedi 21 avril 2012

Un vers après l'autre

Depuis des dizaines d'années j'ai cette photo dans mon atelier. Ce sont deux bardes finnois qui récitent ensemble des chants de l'épopée nationale: le Kalevala. Ils se tiennent par les deux mains et se balancent aux rythme des vers. Si l'un des deux a un trou de mémoire, l'autre prend le relais. Quand j'écrivais mon roman "La Chanson de Roland", livre qui traite justement des chants épiques, je regardais cette photo tous les jours. C'est tout l'art épique qui est là: je cherche le vers qu'il faut et si je ne trouve pas, un autre le trouvera. Le mot qu'il faut est forcément quelque part. Il suffit de s'en souvenir. Les mêmes bardes se trouvent sur une autre photo. Des hommes admirables, exemplaires:
A l'exposition d'Akseli Gallen-Kallela au Musée d'Orsay on voit les illustrations du Kalevala ainsi que des très beaux paysages, des tableaux souvent réussis mais enfin, les têtes de ces deux bardes me parlent davantage, ils ne font pas de l'art. Il le vivent. (L'exposition Akseli Gallen-Kallela est au Musée d'Orsay jusqu'au 6 mai)

dimanche 15 avril 2012

Saint Denis court après sa tête.




Saint Denis fait partie des saints céphalophores. Ceux qui, décapités, reprirent leur tête. Le saint homme marcha ainsi de Montmartre, passant par la rue des Martyrs, jusqu'à la ville de Saint Denis.
(travail terminé ce jour.)

dimanche 1 avril 2012

Du dedans et du pas dedans

J'aime bien Matisse mais sans plus. Certains choses sont vraiment à fuir: ces dessins avec des visages faits d'un seul trait. On dirait du Cocteau! Ou ces papiers découpés. De l'art de housse de couette! Non, j'aime bien en revanche les intérieurs où l'on voit à la fois le dedans et un monde tout différent dehors. Parfois juste des volets qui laissent passer une lumière.


Le propos de l'exposition au Centre Pompidou est la série. On voit plusieurs tableaux sur un même sujet et le spectateur est alors sensé réfléchir sur les différences. Je ne crois pas que cela apporte beaucoup. C'est la double représentation, le dedans et le dehors sur le même tableau, qui est intéressant.


Et c'est un peu nous, spectateurs, qui sommes dans ce bocal à poissons: où que le regard puisse aller (bocal, salon, le ciel dehors), on est toujours dedans.

(Matisse, paires et séries, au Centre Pompidou jusqu'au 18 juin)

vendredi 30 mars 2012

Un passage à Homs (Syrie)


Aux habitants de Homs en Syrie qui vivent sous les bombes. Pour accompagner un sonnet de Charles Baudelaire:

De Profundis Clamavi

J'implore ta pitié. Toi, l'unique que j'aime,
Du fond du gouffre obscur où mon cœur est tombé.
C'est un univers morne à l'horizon plombé,
Où nagent dans la nuit l'horreur et le blasphème;

Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois,
Et les six autres mois la nuit couvre la terre;
C'est un pays plus nu que la terre polaire;
-Ni bêtes, ni ruisseaux, ni verdure, ni bois!

Or il n'est pas horreur au monde qui surpasse
La froide cruauté de ce soleil de glace
Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos;

Je jalouse le sort des plus vils animaux
Qui peuvent se longer dans un sommeil stupide,
Tant l'écheveau du temps lentement se dévide.


(Travail terminé ce jour.)

dimanche 18 mars 2012

Enée et Anchise




«Eh bien, mon père, au nom de mon amour pour vous,
Laissez-moi vous porter ; ce poids me sera doux :
Venez, qu'un même sort tous les deux nous rassemble ;
Venez, nous périrons, ou nous vivrons ensemble."
(L'Enéide de Virgile,livre 2,traduction de l'Abbé Delille (1834))

(Travail terminé le 17 mars)

dimanche 11 mars 2012

Miniatures flamandes


La BNF vient d'inaugurer une exposition de miniatures venant de le Belgique (peu) et de leur propre fonds (beaucoup). On y voit la préhistoire de la peinture flamande. Celle des frères van Eyck, de Roger van der Weyden etc. Le sens des couleurs, des proportions. Peu à peu les visages stéréotypés gothiques font place aux expressions personnelles. Pourtant l'image que l'on voit en haut est très différente. Le Maître de Wavrin a un style très différent. Le trait rapide, un peu caricatural, peu de couleurs. Pourtant on est toute de suite dans une époque qu'on imagine troublé. Rien n'est sûr. La peste peut venir à tout moment. C'est l'automne du Moyen age.


Voici Mélusine qui s'envole du foyer conjugal. Elle a repris sa forme de dragon. En bas, dans la maison, son mari et ses enfants regardent. Ils ne la reverront plus. C'est une belle histoire que je vais relire de ce pas.

( Miniatures flamandes 1404-1482, du 6 mars 2012 au 10 juin 2012.)