mardi 14 août 2012
Turbulences estivales
Le mois d'août n'est pas propice aux expositions d'art contemporain. D'où la surprise de voir une série d’œuvres excellentes à l'Espace Louis Vuitton. Le titre "Turbulences" est assez surprenant. Pas de Sturm und Drang ou d'autres effets de tempête ici. Non, le propos est souvent scientifique. Des formules, comme chez Jorinde Voigt (image ci-dessus), des fractales comme dans la belle vidéo de Ryochi Kuokawa:
Comme toujours l’accueil est parfait et l'excellent catalogue est gratuit.
(Jusqu'au 16 septembre à L’Espace culturel Louis Vuitton)
mercredi 1 août 2012
A bas cet homme!
"Non! non! à présent je me révolte contre la mort! Le travail parait trop léger à mon orgueil: ma trahison au monde serait un supplice trop court. Au dernier moment, j'attaquerais à droite, à gauche...
Alors, -oh! - pauvre âme, l'éternité serait-elle pas perdue pour nous!"
Arthur Rimbaud, une saison en enfer.
(Travail terminé 10 juillet)
vendredi 13 juillet 2012
Bien finir
Louis Soutter vécut à partir de l'age de 52 ans dans un asile de vieillesse. Il dépensait trop pour sa famille suisse, crime suprême. A l'asile il se remit à dessiner, crayon de papier dans des cahiers d'écolier. Les dessins sont intéressants mais sans plus. Suivent des dessins très expressionnistes, traits lourds, feuilles saturées. Puis dans les dernières années de sa vie il se met à dessiner avec les doigts. Des portraits étranges. Des figures qui dansent, qui flottent dans l'air entourées de points noirs comme des étoiles. Voilà une vie qui se résume à quelques années, une exposition qui se résume à une dernière salle somptueuse. Cela m'a fait penser à la remarque de Basho: toute la vie du poète prépare à un dernier poème, celui qui résume tout. Ce qui a précédé est sans importance.
Louis Soutter, le tremblement de la modernité, jusqu'au 23 septembre 2012 à la Maison Rouge à Paris
jeudi 12 juillet 2012
Plein la vue
A la Galerie Christian Berst à Paris on peut voir pendant quelques semaines encore les photos panoramiques de l'Américain Albert Moser. Des photos découpées soigneusement et qui font une tour complète autour du photographe. Et c'est là que l’œuvre devient étrange: plus qu'on regarde ces photos, plus on oublie l’œil du photographe. C'est un cercle autour d'un vide.
Jusqu'au 21 juillet à la Galerie Christian Berst 3-5, Passage des Gravilliers 75003 Paris
samedi 2 juin 2012
Girja Devi
Une de mes chanteuses indiennes préférées. Une carrière parfaite: de la fraicheur de ses premiers enregistrements, répertoire traditionnel du gharana de Benares: thumri, hori, chaiti, kajri, dadra, jusqu'aux enregistrements plus tardifs, d'une profondeur rare. Sur cette page je proposerai des enregistrement qu'on aura du mal à trouver ailleurs sur le net: des 33 tours, des concerts etc. Pour commencer, voici le tout premier disque: ECLP 2334. Attention: le dernier morceau est une version incroyablement dense du célèbre "Babul Mora":
http://www.mediafire.com/?uawc7o431kjfv
Une cassette de Music India intitulée : Music of the Seasons":
http://www.mediafire.com/?lwzqs5z22v8v1
Un concert à Boulogne-Billancourt, le 28 juin 2002. Shuben Chatterjee au tabla et Kamal Sabri au sarangi. Raga Puria Kalyan suivi par tappa Khamaj, Misra Desh, dadra et un Mirabai Bhajan.
http://www.mediafire.com/?ndyiwxb43p4qp
mardi 29 mai 2012
Nouvelles de la Résistance
"Resisting the Present", sous ce titre dans la langue des Gringos le Musée d'Art moderne de la Ville de Paris présente des artistes mexicains d'aujourd'hui. Il y a, en effet, de quoi entrer en résistance. Voilà un pays ravagé par les trafiquants de drogue. Non seulement des tueries sans fin mais surtout cette impression que les criminels ont pris le pouvoir. Il n'y a que l'art qui peut encore offrir un espoir. De mauvais présages donc quand on entre dans la première salle d'exposition: une belle installation "papalotes negros" d'Arturo Hernandez Alcazar, des corbeaux en plastique qui sont lestés par des morceaux de gravats.
Le film "El Velador" de Natalia Almeda est sorti l'année dernière déjà. A Culiacan, dans le nord du Mexique se trouve un cimetière où les trafiquants assassinés construisent des tombes comme des palais. Dans le film on raconte comment les amis du défunt viennent poser les têtes des ennemis sur la tombe pour venger l'homme assassiné.
Machinarius de Marcela Armas montre une chaine en mouvement d'où suinte de l'huile. C'est un mouvement incessant et sale mais en même temps étrangement prenant.
D'autres œuvres intéressantes parmi lesquelles un vidéo très émouvant d'Alejandro Jodorowski sur une marche citoyenne contre la violence des trafiquants. Voilà, plus de choses intéressantes parmi les 24 Mexicains que parmi les centaines de la triennale chez les voisins du Palais de Tokyo.
(Au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris jusqu'au 8 juillet)
lundi 28 mai 2012
Tout plein partout
La Triennale au Palais de Tokyo est une exposition, comment dire, grande, très grande et même s'il est rassurant de voir qu'il y a plein d'artistes partout, il n'était peut-être pas nécessaire de le montrer d'une manière aussi confuse. On se croirait à la Biennale de Vénise. Des œuvres partout, et pas toujours intéressantes. On traverse les salles à la recherche d'un travail qui attire le regard, on rêve de faire des découvertes. Enfin, avec les pieds en compote on finit par trouver quelques perles. Gagnons du temps, allons à l'essentiel: une série de dessins superbes de Wilfredo Lam. Je sais, ce n'est pas l'art d'aujourd'hui mais la lumière des étoiles nous arrive toujours avec retard.
L'image en haut de ce billet est une aquarelle de Bartelémy Toguo, artiste camerounais. Une belle série appelée "Le Jugement dernier" montre des crânes avec des feuilles d'orchidée. Pour finir une série de collages de Geta Bratescu, des cercles incomplets sur papier centimétré.
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