lundi 22 octobre 2012
La récolte d'Adam et Ève
Une fois ce travail terminé je me disais qu'Adam et Ève regardaient les pommes comme le berceau de leurs enfants à venir. Raccourci peu biblique, c'est certain, mais c'est la logique interne.
(Travail terminé ce jour.)
dimanche 21 octobre 2012
Un bouton pour fermer le corps
Le problème des expositions qui montrent les artistes d'un pays quelconque est que tous ces gens n'ont pas d'autres rapports que leur origine. On est peut être invité à trouver un "style national". Je regarde et je ne vois que des individus qui parlent la même langue et c'est tout. Prenez la belle exposition à la Halle Saint Pierre: "Banditti dell'Arte". Il s'agît d'art brut transalpin. Pourquoi d'ailleurs ce mot "bandits"? Je n'ai pas vraiment vu d'art carcéral.
L’œuvre de Carlo Zinelli consiste en une série de portraits de gens qui ont presque tous des trous dans le corps. Sur certains dessins il s'agît clairement de boutons. De gros boutons au milieu du corps, comme si ces boutons tenaient tout le corps fermé. La présence d'une femme avec aiguille et fil rajoute encore au mystère. Des dessins vraiment superbes. Plusieurs autres artistes intéressants dont les œuvres de Fernando Oreste Nannetti (des murs couverts de graffiti), de Luigi Buffo (des sculptures de corps avec surtout ses petits nus qui cachent leur sexe), les peluches de Franco Belluci et les locomotives de Fausto Badari. Attention: belle exposition que l'on voit sans réservation ni queue à l'entrée.
Banditi dell’arte, La Halle Saint Pierre jusqu'au 6 janvier 2013
samedi 20 octobre 2012
Les coccinelles de Moloch
Depuis quelques jours des coccinelles par dizaines tentent de fuir par la fenêtre de mon atelier. Épuisées elles tombent sur ma table pour y mourir sur le travail que voici: Moloch, le fléau de la Bible dans le temple duquel on sacrifiait des enfants.
(Travail terminé ce jour.)
vendredi 5 octobre 2012
Cocorico!
Pour accompagner un poème d'Emily Dickinson:
These are the days when birds come back,
A very few, a bird or two,
To take a backward look.
These are the days when skies resume
The old, old sophistries of June,
A blue and gold mistake.
Oh fraud that cannot cheat the bee,
Almost thy plausibility
Induces my belief.
Till ranks of seeds their witness bear,
And softly thro' the altered air
Hurries a timid leaf.
Oh sacrament of summer days,
Oh last communion in the haze,
Permit a child to join.
Thy sacred emblems to partake,
They consecrated bread to take
And thine immortal wine!
(Travail terminé ce jour.)
mercredi 26 septembre 2012
Avant Hopper
Martin Kasper peint depuis longtemps des intérieurs vides comme celui que l'on voit au-dessus. La galerie Eric Mircher expose ces jours-ci des "Nouvelles Perspectives"
Quelques rues plus loin, dans la galerie Isabelle Gounod, Jérémy Liron expose des maisons. Cela s'appelle "l'Inquiétude". Il y a des petits triangles, comme pour montrer l'impossibilité de faire ça de façon parfaite. Mais enfin, ce sont des maisons vides. Pas un homme nulle part. Pourtant, je verrais bien ça, une présence humaine. Il n'y en a qu'un qui peut les rajouter: Edward Hopper. Encore quelques semaines!
(Martin Kaspar, Nouvelles Perspectives, Galerie Eric Mircher, 26 rue Saint Claude, Paris 75003
Jérémy Liron, L'Inquiétude, 13 rue Chapon, 75003 Paris)
Saul et David
Il y a un très beau tableau de Rembrandt avec Saul et David. Saul cache son visage dans le rideau pendant que David joue de la harpe. Il sait que David va prendre sa place. Le récit dans la Bible est plus violent. Saul brandit sa lance et dit: "Je vais clouer David au mur!"
Je me demandais pourquoi Saul avait cette réaction au moment où David joue de la harpe. Il ne s'agît pas de force. Saul est dans cet état de violence parce que David possède quelque chose de plus que lui: la force de créer.
(Travail terminé ce jour.)
lundi 24 septembre 2012
aérien
Susumu Shingu crée toutes sortes d'objets qui bougent avec les vents. Non seulement des mobiles. Il y a aussi des moulins, des cylindres. C'est la présence du vent, ou des ventilateurs dans la galerie, qui relie les œuvres entre elles. Ce n'est donc pas une question de légèreté. C'est l'air qui crée la vie.
(jusqu'au 1 décembre à la Galerie Jaeger Bucher à Paris)
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