vendredi 1 avril 2016

Saint André traîne sa croix.



Un extrait du poème "An Hölderlin" de Rainer Maria Rilke:

O du wandelnder Geist, du wandelndster ! Wie sie doch alle
wohnen in warmen Gedicht, häuslich, und lang
bleiben im schmalen Vergleich. Teilnehmende. Du nur
ziehst wie der Mond. Und unten hellt und verdunkelt
deine nächtliche sich, die heilig erschrockene Landschaft,
die du in Abschieden fühlst. Keiner
gab sie erhabener hin, gab sie ans Ganze
heiler züruck, unbedürftiger.

(Travail terminé ce jour.)

vendredi 4 mars 2016

Charon, batelier



Quand je te vois là devant moi,
mes yeux ne peuvent se détacher de toi.

O roi de Pandhari, mes pensées
sont à tes pieds et t'enlacent.

Comme sel et eau mêlés
séparés nous ne saurions être.

Ma vie, dit Toukâ, je l'ai déposée
à tes pieds, comme une offrande.

(Toukârâm)

vendredi 8 janvier 2016

Bachus malade (lendemain de fête)





Le bruit des cabarets, la fange du trottoir,
Les platanes déchus s'effeuillant dans l'air noir,
L'omnibus, ouragan de ferraille et de boues,
Qui grince, mal assis entre ses quatre roues,
Et roule ses yeux verts et rouges lentement,
Les ouvriers allant au club, tout en fumant
Leur brûle-gueule au nez des agents de police,
Toits qui dégouttent, murs suintants, pavé qui glisse,
Bitume défoncé, ruisseaux comblant l'égout,
Voilà ma route - avec le paradis au bout.

(Paul Verlaine)

mardi 29 décembre 2015

Sumotori



L'Ennemi

Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?

— Ô douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie,
Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie!

— Charles Baudelaire

(Travail terminé ce jour.)

vendredi 11 décembre 2015

Funambule




Zarathoustra, cependant, regardait le peuple et s’étonnait. Puis il dit :
L’homme est une corde tendue entre la bête et le Surhumain, - une corde sur l’abîme.
Il est dangereux de passer de l’autre côté, dangereux de rester en route, dangereux de regarder en arrière - frisson et arrêt dangereux.
Ce qu’il y a de grand dans l’homme, c’est qu’il est un pont et non un but : ce que l’on peut aimer en l’homme, c’est qu’il est un passage et un déclin.
J’aime ceux qui ne savent vivre autrement que pour disparaître, car ils passent au delà.

(Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait zarathoustra)


(travail terminé ce jour)

jeudi 19 novembre 2015

Revenants



Ces derniers jours Paris était étrangement silencieux. La violence incite au silence. Après j'ai fait ce portrait des époux Ceaucescu. Pourquoi? Mystère. J'avais relu les poèmes de Charles Baudelaire aussi. Lire Baudelaire à Paris. Rêve d'adolescence.


Charles Baudelaire: Le revenant

Comme les anges à l'oeil fauve,
Je reviendrai dans ton alcôve
Et vers toi glisserai sans bruit
Avec les ombres de la nuit,

Et je te donnerai, ma brune,
Des baisers froids comme la lune
Et des caresses de serpent
Autour d'une fosse rampant.

Quand viendra le matin livide,
Tu trouveras ma place vide,
Où jusqu'au soir il fera froid.

Comme d'autres par la tendresse,
Sur ta vie et sur ta jeunesse,
Moi, je veux régner par l'effroi.


(Travail terminé ce jour)