mercredi 1 juin 2016

Ministre



Je vois des patauds. Des maladroits qui se déplacent difficilement. En fait ce sont des ministres. (I see clowns, They move awkwardly. In fact what I see is a minister.)

(Travail terminé ce jour.)

mercredi 25 mai 2016

Les jambes

Il pleut.
Il pleut
des jambes.
Il pleut
des jambes
dans la maison.



(Travail terminé ce jour.)

vendredi 1 avril 2016

Saint André traîne sa croix.



Un extrait du poème "An Hölderlin" de Rainer Maria Rilke:

O du wandelnder Geist, du wandelndster ! Wie sie doch alle
wohnen in warmen Gedicht, häuslich, und lang
bleiben im schmalen Vergleich. Teilnehmende. Du nur
ziehst wie der Mond. Und unten hellt und verdunkelt
deine nächtliche sich, die heilig erschrockene Landschaft,
die du in Abschieden fühlst. Keiner
gab sie erhabener hin, gab sie ans Ganze
heiler züruck, unbedürftiger.

(Travail terminé ce jour.)

vendredi 4 mars 2016

Charon, batelier



Quand je te vois là devant moi,
mes yeux ne peuvent se détacher de toi.

O roi de Pandhari, mes pensées
sont à tes pieds et t'enlacent.

Comme sel et eau mêlés
séparés nous ne saurions être.

Ma vie, dit Toukâ, je l'ai déposée
à tes pieds, comme une offrande.

(Toukârâm)

vendredi 8 janvier 2016

Bachus malade (lendemain de fête)





Le bruit des cabarets, la fange du trottoir,
Les platanes déchus s'effeuillant dans l'air noir,
L'omnibus, ouragan de ferraille et de boues,
Qui grince, mal assis entre ses quatre roues,
Et roule ses yeux verts et rouges lentement,
Les ouvriers allant au club, tout en fumant
Leur brûle-gueule au nez des agents de police,
Toits qui dégouttent, murs suintants, pavé qui glisse,
Bitume défoncé, ruisseaux comblant l'égout,
Voilà ma route - avec le paradis au bout.

(Paul Verlaine)

mardi 29 décembre 2015

Sumotori



L'Ennemi

Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?

— Ô douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie,
Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie!

— Charles Baudelaire

(Travail terminé ce jour.)